La visite chez Roland

2 juin

De retour de chez Roland, j’ai quelques précisions à apporter à l’Étape UNE. Roland est une ancienne connaissance de la CNT de St Étienne, je ne savais pas qu’il avait construit sa maison tout seul, il y a plus de 15 ans, une maison en paille et bois qui tend vers l’autonomie. Quand il a apprit mon projet, il m’a invité chez lui. Chez Roland c’est 6 ha au milieu de rien en Haute Loire, son projet est magnifique. Je suis accueillie par l’éolienne qui domine le terrain, il y a aussi deux grandes serres et les pieds de tomates sont encore en semis. Il y a des animaux, des petits cheveux, un bois, une vue splendide et l’Allier à côté. Roland n’a jamais eut de permis de construire, c’est un projet d’habitation agricole qu’il a fait (d’où les serres), ce n’est pas un terrain constructible à la base, on ne l’a jamais trop emmerdé. On peut faire un projet agricole si on a un diplôme et un projet établi, on a alors le droit de construire une habitation agricole liée au travail, à la production de la terre ou des animaux…

Évidement, je me suis perdue en Haute Loire et évidement ça l’a bien fait rire…

Roland a utilisé beaucoup de chaux pour faire sa maison, il le mélange avec du sable. C’est du béton naturel qui laisse passer l’humidité et qui est régulièrement utilisé dans ce type de construction. Pendant la construction, il faut penser à bien nettoyer les outils tous les jours car le mélange chaux/sable colle et se solidifie rapidement, il faut de l’eau sur le chantier. Il a pas fait de bardage en bois sur la façade au nord et elle n’a pas bougé. C’est joli les façades à la chaux en blanc, sentiment de pureté, de naturel justement.

Il a fait des fondations cyclopéennes… Cette technique traditionnelle est utilisée depuis des millénaires, les écolos de 2020 n’ont rien inventé. Elle consiste à creuser à l’emplacement de la maison sur 50 cm de profondeur (tout dépend du sol) donc sur 49 m² de surface pour moi (7mx7m), je sais pas si on va aussi creuser la terrasse, bref… On creuse à la pelle en chantant. Il faut ensuite faire des couches de pierre avec l’enduit de chaux, comme des lasagnes. Pour la première couche, on recouvre le trou de grosses pierres puis on étale dessus l’enduit de chaux qui doit être assez épais, il doit remplir les trous entre les pierres. Pour la deuxième couche, on recouvre de moyennes pierres puis on passe l’enduit un peu plus liquide. Avant de faire la troisième couche, on part faire une balade et on ramasse des sceaux de cailloux qui vont former la dernière couche. La dernière couche d’enduit est la plus liquide, elle forme la dalle. J’aimerais utiliser exactement cette technique en remplaçant l’enduit de chaux par de la terre battue (de la boue).

Pour la dernière couche de cailloux, Roland a utilisé du Pouzzolane, de la pierre organique, il vit dans une région volcanique donc c’est cool. Le Pouzzolane est naturel et local et il permet, lui aussi, d’aérer l’humidité du sol. Je reste convaincue par le liège, qui est cher, mais on verra quand j’aurais un vrai budget, plus tard, pour l’instant je m’informe. Vient enfin le revêtement, Roland a un plancher en pin.

Les briques monomur sont des briques en terre cuite, celles qu’il y a partout à Toulouse, elle sont roses et hyper efficaces contre l’humidité. 2 rangs de briques, l’un sur l’autre, sont placés sur la dalle et dessinent le périmètre de la maison. Les rangs de briques sont recouverts d’une bande de tissus en plastique (beurk). Et sur le plastique dégueulasse, il a placé une lisse basse (un bout de bois), les murs de paille, et une lisse haute (un autre bout de bois), puis une poutre de 10/15 cm et enfin le toit. Les briques permettent aussi de faire le lien entre les fondations et la maison, sachant que le bois ne peut pas être dans les fondations, il moisirait.

Les briques réfractaires, c’est complètement autre chose, j’ai un peu tout mélangé… Ce sont des briques qui gardent la chaleur qu’on peut utiliser pour faire un foyer, un four,…

Les lisses haute et basse sont fixées avec des boulons.

J’apprends un mot indispensable, intéressant, et j’aime bien sa sonorité, contreventer :
Un contreventement est un système statique destiné à assurer la stabilité globale de la maison, il va faire face aux effets horizontaux (vent, choc, séisme,…). Il sert également a stabiliser localement certaines parties de la maison, les poutres par exemple, face à l’affaissement, au flambage,…Vous dire si il est important le mot que je viens d’apprendre !
Pour que la maison soit contreventée, on parle d’ossature, de structure, de charpente avec des plans à l’horizontal et des plans à la verticale. Roland utilise des plaques OSB pour son contreventement. Comme pour les bois de construction, les plaques qui contreventent sont classées, la classe 1 est la moins bonne et la classe 3 est la meilleure. Les plaques de Roland sont classées en 2. Ces plaques sont fabriquées par de grandes entreprises, et ça me dérange un peu, les briques monomur aussi. Les plaques sont des copeaux de bois qui tiennent grâce à la résine que produit le bois naturellement (c’est cool) ou avec une colle chimique (moins cool), le prix doit en dépendre. La paille est elle un contreventement ?

Le coffrage, un autre nouveau mot, c’est la création d’un moule provisoire, le temps que la poutre porteuse devienne indépendante. On peut le réaliser avec des pierres.

Dédicace à Clothilde (voir son commentaire sur l’Étape UNE) ! Il a fait sa salle de bain en Tadelakt, un espèce d’enduit marocain naturel. Le Tadelakt traditionnelle est un mélange de chaux de Marrakech, d’eau et de pigments naturels. On peut fabriquer son Tadelakt mais il faut rajouter de la poudre de marbre parce que la chaux ne vient pas de Marrakech. Pour un style pur marocain, il faut utiliser la chaux de Marrakech, il y a des entreprises en France qui en vendent. Le Tadelakt est très technique à faire et à appliquer, il s’applique à l’aide d’un galet et du savon noir et c’est très long surtout qu’il faut tout faire d’un coup. La technique doit s’apprendre et il faut s’entraîner pour y arriver, c’est pas facile du tout, il faut beaucoup de patience, je suis moyennement convaincue. Il vaut mieux le poser en automne ou au printemps et il faut que la pièce fasse à peu près 20 degrés et qu’elle soit aérée. Le Tadelakt ne bouge plus avec le temps, il étanchéise complètement la salle de bain et on peut fixer, accrocher sans problème.

J’ai peur de ne pas être claire car ça ne l’est pas dans ma tête donc je vais pas trop m’étendre sur le sujet du chauffage de l’eau pour l’instant. Tout m’a parut hyper compliqué, alors que Roland tente de me persuader que c’est très simple, rien que l’installation est flippante (voir photo jointe). J’ai a peu près compris le principal mais je me vois très très mal faire une installation comme celle ci sans quelqu’un comme lui sur le chantier.
Roland a un gros Hydro poêle à bois et 50 tubes de panneaux solaires, je pense que 30 tubes peuvent me suffire. Je m’aperçoit que le stockage de l’eau prend énormément de place dans la maison et j’ai pas prévu ça, heureusement que je n’ai pas en plus des batteries à stocker… Comme je l’ai déjà expliqué dans l’article Étape UNE, la cuve de stockage fait 800 L, je pense que 600 L peuvent me suffire, elle est divisée en 2 réservoirs, un petit et un grand, chauffage eau et chauffage sol je crois ou chauffage sanitaire et chauffage cuisine… Les régulateurs et les circulateurs gèrent la température et la circulation de l’eau, on a l’impression qu’il y en a de partout avec le système des panneaux solaires et le système du poêle qui arrivent dans la même cuve. Et je crois même que les panneaux solaires peuvent chauffer le sol.
Le poêle n’est pas allumé, il passe environ 12 stères de bois par an, ça me parait énorme, prenons bien en compte qu’on habite pas la même région et que ma maison va être beaucoup plus petite. Chez Roland il y a 5m80 de hauteur et la maison fait 10mx15m à l’extérieur.

Je continue de m’ouvrir à d’autres systèmes de chauffage, c’est quand même dommage de mettre du bois pour chauffer le sol alors que d’autres systèmes plus naturels existent, la chaleur s’autoproduit, c’est du gaz nan ?

Roland m’explique qu’il n’a pas besoin de VMC, la ventilation naturelle c’est la paille, les isolants naturels, la chaux, les ouvertures. Le taux d’humidité indique 49 degrés sur sa petite machine et les légumes à l’air ne moisissent pas, ils sèchent si on ne les mangent pas. Il me faut une petite machine comme ça, elle donne pleins d’autres informations, je ne sais pas comment ça s’appelle. Roland m’a prêté 2 livres, il faut que j’y repasse en hiver, l’ambiance sera différente. « Bâtir en paille » de André de Bouter et « L’isolation écologique » de Jean Pierre Oliva. Je vais y trouver mes réponses sur la paille et le contreventement je pense.

Les gouttières sont généralement en zinc, en cuivre, en alu ou en PVC mais elles peuvent aussi être en bois ! Les chalets savoyards ont des gouttières en bois depuis des décennies, c’est charmant et résistant, il faut bien choisir le bois et c’est plus cher que le reste, si non, je pense que le cuivre c’est le mieux.

L’intérieur de la maison de Roland est toute en douglas (on ne prononce pas le S), le bois a fendu parce qu’il n’était pas assez sec au départ mais ce n’est pas gênant, Roland n’est pas inquiet. Certaines personnes ont vu leur douglas ravagé par les capricornes, cette petite bestiole protégée est un enfer à vivre, elle pourrie le bois, elle pique les hommes et elle fait du bruit ! Certains préfèrent donc traiter légèrement le douglas, ça dépend aussi de la région dans laquelle on vit. Pour que le bois soit au top il faudrait qu’il soit coupé en fonction de la lune, qu’il sèche pendant plusieurs années et qu’on utilise que le cœur,… Autant vous dire que quand on arrive dans une scierie pour acheter du bois en gros, tout ça n’est pas vraiment prit en compte et le bois perd en classification, en qualité. Lors de la construction, les poutres au plafond doivent être placées d’une certaine manière suivant le cœur du bois pour qu’elles ne s’affaissent pas avec le temps, les poutres au sol doivent aussi être placées à l’inverse de la pousse du bois pour mieux lutter contre l’humidité et les moisissures, mais ça c’est des trucs que tous les charpentiers savent normalement. Je ne sais pas ce que vaut le frêne mais j’ai vu des meubles en frêne et c’était extraordinairement magnifique. Ça doit être chouette vraiment de travailler le bois.

Il n’utilise pas de fausse septique ni de tout à l’égout, il n’y a pas de phyto, c’est pas un problème, l’eau est rejetée sur son terrain (il y a une petite pente derrière la maison) et il n’utilise que du savon noir ou de Marseille. Je ne suis pas certaine que les eaux usées soient bien nourrissantes pour la terre même avec du savon qui parait pas chimique, il l’est forcément un tout petit peu…

J’ai été un peu bête de penser que mes murs de 4 m de hauteur aller être trop petit à cause du toit mansardé… Le toit vient se poser sur les 4 m de mur, après la lisse haute et la poutre. Au centre de la maison, il y aura donc bien plus de 4 m (mur+toit) et sur les bords de la maison il y aura 4 m + la lisse et la poutre, vous me suivez ? C’était logique maintenant que j’y pense, et c’est une bonne nouvelle, je peux même faire moins de 4 m mais ça va pas arranger grand-chose à mon budget, ni au travail qui NOUS attend, je sais pas si ça vaut le coup.

Le plafond et le plancher de l’étage, c’est la même chose. Chez Roland, il représente 20,2 cm au total, bien vu l’aveugle (voir la fiche technique) ! Il alterne les planches du plancher et les poutres du plafond, tous les 40 cm, horizontalement et verticalement, pour un parfait contreventement !

L’été va être chargé en découvertes, Je ferais un gros point à la rentrée je pense.
Concernant le budget et le temps lié à la réalisation du chantier, la plupart du temps, les gens avaient vu trop juste… Concernant le déroulement des étapes, tout s’embrouille dans ma tête, toutes les étapes sont liées finalement, les premières en tous cas, la banque, le budget, le terrain, ce que l’on veut vraiment,…

Les briques monomur :

20200521_164157

Le Tadelakt :

20200521_161753

Le chauffe eau :

20200521_160449

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Histoires d'Automates |
Tabary1234 |
Elisa&laurent |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Assistanceplomberie
| Serrurier Paris
| Plomberie94