L’arrivée en Ariège

21 fév

Me voilà en Ariège ! J’ai trouvé un emploi dans une Mairie à 15 minutes de Foix, je suis bientôt titulaire, aucune banque ne pourra plus rien me refuser, et j’ai les vacances scolaires et l’été pour gérer les constructions. C’est bien plus pratique d’être sur place pour construire mon projet, en plus dans une Mairie, j’ai déjà eu des infos, qui ne sont pas sur internet, concernant quelques terrains, mais je ne veux pas vivre dans le village où je travaille, de toutes façons, je n’ai pas fini de payer le camion et je ne suis pas encore titulaire. Mais me voilà bien en camion en Ariège. J’ai eu de la chance de trouver le poste que je voulais, exactement où je voulais, alors que j’avais vu seulement 2 annonces dans toute l’Ariège en 3 semaines. Les choses ne se dérouleraient pas aussi bien si j’étais pas sur un bon chemin, la vie a confiance en mon projet et elle me le prouve.

Le périf ne me manque pas, mon quotidien n’a rien à voir avec Toulouse, l’école est en pierre et je vais travailler en chaussure de marche, les enfants fabriquent des fourmilières pour étudier la vie des fourmis et le Maire ne sait pas ouvrir une boite mail. J’ai beaucoup d’autres exemples qui font que je suis contente d’avoir quitté Toulouse, la vie est plus simple.

Je me sens extrêmement bien en Ariège, je squatte chez mon pote à côté de Foix et d’ici quelques semaines je vais aller m’installer (au moins pour le printemps et l’été) sur un terrain avec d’autres personnes dans un tout petit village à 10 min de mon boulot, royal. Je vais vivre le camion branché avec une arrivée d’eau à côté, la vraie vie de camion que je n’ai pas encore vraiment vécue, c’est le lavage des cheveux 2 fois par semaine qui me fait le plus chier et de vider l’eau sale. J’ai trouvé ce terrain grâce a une amie qui a fait du woofing là bas quand elle est arrivée en Ariège, c’est une ferme, chez une fille absolument géniale.

Parfois il y a des incompréhensions entre les hébergés, les hébergeurs et les copains qui t’hébergent chez des copains… Je dis ça parce que mon pote qui m’héberge est lui même hébergé dans une famille, des amis à lui. Forcément quelques conflits ont éclaté suite à des manques d’organisation, d’écoute, de considération les uns entre les autres, partager un appart à 5 c’est pas non plus facile (2 potes, un couple et un enfant). Ce genre de conflit ne me perturbe pas trop mais accélère mon envi d’acheter, de construire et de partager. Je sais que les attentes de chacun sont faites pour se superposer dans les relations, il faut bien qu’elles servent à quelques choses puisse qu’on arrive pas a s’en détacher. Sur le terrain où je vais aller, ça sera différent, chacun aura son intimité dans son camion ou sa caravane, on ne va pas partager d’habitation en commun, c’est de la quo-habitation, il faut quand même une organisation commune.

Il y a quelques détails auxquels je n’avais pas pensé, on ne peut pas aller partout en camping car en Ariège. Les minis routes avec un vide de chaque côté où tu serres les fesses pour ne croiser personne jusqu’en bas et les descentes où tu ne sais pas comment tu vas bien pouvoir remonter ne m’ont pas rassurées. Il y a aussi les routes qui se transforment en chemin impraticable à cause de la pluie qui tombent en continue, les inondations, les grosses chutes de neige…Quand ton pallier de porte est dans un marécage, tu n’as pas d’autres choix que d’accepter de partir dégueulasse au boulot et puis au final tu t’en fou. C’est là où ça va être compliqué d’aller vider l’eau sale, il y a une belle petite monté en terre et en herbe avant d’arriver à la place qui m’est réservée sur le terrain.

C’est différent de venir un week-end en Ariège pour faire la bringue et d’y vivre toute l’année, la météo n’a rien à voir avec celle de Toulouse. La saison la plus appréciée par les ariégeois semble être l’automne. L’hiver et le printemps sont très très humides. La canicule n’existe presque pas, on passe souvent un petit pull aux alentours de 19h l’été, les nuits restent fraîches.

Un autre désavantage de cette région, tout se sait rapidement, les infos font le tour du village puis des villages alentours et en quelques heures, elles arrivent à Foix et sa vallée. Il y a une importante séparation entre les locaux (les paysans) et les néo (ceux qui arrivent), nous sommes de plus en plus nombreux à arriver de Toulouse, quel futur ça va créer ? Vivre dans une maison en paille ou accoucher chez soi sont des schémas tout à fait classiques en Ariège, il y a plein de maisons alternatifs et de chantiers à faire, encore faut il rentrer dans le réseau par la bonne porte. De nombreuses associations ou collectifs fleurissent concernant l’organisation d’une vie alternative loin de l’uniformitarisme, des consommations des grandes villes, de l’individualisme,… Et le gros point faible par rapport à Toulouse, c’est d’utiliser la voiture tous les jours, pour des petits trajets, fini la balade au centre ville à vélo, pour faire du vélo ici il faut avoir envi de faire du sport !

Je ne vais pas continuer à comparer Toulouse et l’Ariège éternellement, c’est parce que c’est le début, ça me change tellement. Tout ce que j’observe en Ariège, le climat, l’accessibilité, les inondations, vont m’aider à bien choisir mon terrain.

J’ai planté le camion dans la poudreuse après avoir glissé sur le verglas en arrivant dans le village pour l’entretien d’embauche. J’ai tenté un raccourci et je n’aurais jamais du, le genre de chose qu’on ne fait pas avec l’expérience, surtout quand on sait qu’on est en Ariège en plein hiver, j’ai tellement regretté, mais des fois ça passe… En plus j’étais en avance, bah du coup j’ai fini à pied et je suis arrivée à l’heure.
j’ai postulé le lundi 04 Janvier (j’étais dans la Loire), ils m’ont appelé le 05 Janvier pour un entretien le 07 Janvier. Ils m’ont rappelé le 08 Janvier pour me dire qu’ils m’embauchaient et j’ai commencé à travailler le 12 Janvier.
Durant cette semaine là, il a neigé partout en France. L’hiver 2021 a été particulièrement froid et les températures sont descendues au dessous de -10°C à Foix…
J’ai attendu 6 jours que le soleil fasse fondre la neige et le verglas et j’ai sorti le camion, j’avais peur que le frein à main ait gelé ou le gasoil mais rien de tout ça mise à part la pâte à tartiner. 6 jours interminables sans le camion de ma vie, heureusement que j’avais mon pote pour m’aider, m’héberger, m’emmener au camion, me remonter le moral,… À croire que je ramasse tous les pires trucs maintenant et que c’est fait exprès pour que je sois tranquille après, parce que je saurais…
Du coup j’ai acheté des chaînes pour le camion (120 €) et pour la voiture (30 €), j’ai appris à les mettre, à les utiliser et à les enlever, il faut les rincer pour qu’elles ne rouillent pas et ne tâchent pas la prochaine fois. C’est un équipement indispensable, ça peut aussi servir quand on est embourbé dans l’herbe, la boue, les cailloux durant les autres saisons de l’année.

Le camion est coincé et je fais des connaissances, on me demande si le camion est en traction avant ou en propulsion arrière et j’en ai aucune idée alors que ça a son importance. Le moteur procure une force sur l’axe des roues pour les faire tourner, en traction si la force est transmise aux roues avants et en propulsion si c’est aux roues arrières. Il vaut mieux un véhicule à traction sur la pluie ou la neige ou un 4X4 (4 roues motrices), les véhicules à propulsion tiennent généralement mieux sur la route quand il fait beau. Le camion est à propulsion.

Il fait froid dans le camion, même avec de bons habits et de bonnes couettes, et il pleut beaucoup. Je reste chez mon pote en attendant de pouvoir monter au terrain, j’attends que ça sèche de peur de m’embourber. J’attends aussi que le gros de l’hiver passe. Quand il fait un peu plus doux je file dormir dans le camion, j’aime bien y être peinard tranquille. Ça va, ma vie avec les autres ne me pèse pas trop, j’espère que je vais trouver un bon rythme quand je serais sur le terrain avec les autres camions.

Je vais voir comment va se dérouler le printemps et l’été sur un terrain mais je me vois mal vivre des années dans ces conditions et puis tout se concrétise alors j’ai hâte d’acheter et de construire, j’y pense tous les jours. Je pense aux fondations, à la paille, à l’isolation, aux panneaux solaires, à la salle de bain mais aussi à la grande fête que je vais organiser quand tout sera enfin fini, j’ai envi de louer un chapiteau.

Parler d’autonomie en Ariège c’est un peu ringard, l’autonomie est entendue comme l’individualisme alors qu’aujourd’hui c’est le collectif LA solution alternative à la société de consommation, de compétition, de production,… L’autonomie serait un truc de capricieux, ceux qui ont un problème d’égo mal géré, une vieille casserole qui traîne, et qui veulent pouvoir dire et se dire : « c’est moi qui l’ai fait tout seul, j’ai besoin de rien ni de personne, je m’auto-suffis parce que je suis fort et exceptionnel… ».
Moi je recherche une autonomie face à l’État, je n’ai pas envi de participer à l’économie du pays, au capital, aux mensonges du gouvernement pour me loger ou me nourrir, pour vivre. Je n’ai pas forcément confiance aux projets collectifs mais je ne cherche pas non plus une autonomie face aux autres. J’ai sûrement un problème d’égo mais je n’ai pas envi de me justifier, ce projet me fait vivre, il a du sens, j’entends tout et il va inévitablement se transformer. J’ai besoin de trouver du sens dans tout ce que je fais sur Terre. J’ai conscience qu’on ne peut pas se dissocier complètement de l’économie de l’État mais que je vais faire au mieux, j’ai aussi conscience qu’il n’y aura pas de maison sans les autres, mais j’ai déjà parlé de tout ça dans mes premiers articles.

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