L’apprentissage par la lecture

11 jan

« Bâtir en paille » de André De Bouter  est un livre qui présente de manière assez complète l’autoconstruction avec la paille comme base. Cette lecture est simple et indispensable à toute personne qui veut auto-construire avec de la paille.
« L’isolation écologique » de Jean Pierre Oliva, c’est complexe et carrément technique pour moi, sûrement moins pour un ingénieur, j’ai pas tout compris mais j’ai quand même appris pleins de choses. La physique, la chimie, la science ça m’a toujours dépassé mais c’est indispensable pour lire ce livre et les notions de base sont importantes à connaître pour construire une maison.

J’ai lu avec attention les 2 livres, j’ai fait le lien dans ma tête avec ce que je savais déjà et je vous ai concocté un résumé essentiel pour se lancer, quand on a mon niveau.

L’utilisation de la paille :
On fabrique les bottes à la botteleuse avec un tracteur, elles se font encore à la main dans quelques endroits dans le monde… Donc pas d’usine et peu d’énergie grise pour la fabrication de la botte de paille. La paille se trouve partout dans le monde et le surplus est un vrai problème pour les paysans. Il faut penser au transport et à en trouver au plus près de chez soi.
Il faut savoir quand est la récolte et quand est ce que les paysans font les bottes. Il faut demander les bottes au paysan bien avant la récolte, il peut alors préparer les dimensions souhaitées. Il faut prévoir de stocker les bottes sous un hangar avec des bâches en plastique noir, il faut évaluer la quantité que l’on peut stocker.

Il vaut mieux utiliser de la paille de blé que du foin, les bottes doivent être de bonne qualité et bien sèches, si la paille est humide, elle pourrie. Plus les bottes sont denses plus elles sont rigides. La compression des bottes est très importante pour le contreventement de la maison, elles doivent être tassées au maximum. Il vaut mieux que les bottes soient bien carrées et pas trop arrondies sur les angles, pour éviter les ponts thermiques encore une fois. Les bottes dans les coins doivent être fixées aux poutres avec des T. Quand les murs enduits sont secs (quelques semaines), les bottes de paille ne peuvent plus se tasser, elles ne bougent plus. Il va forcément falloir recouper des bottes au moment de la construction, il faut une aiguille à botte et de la ficelle plastique et être expérimenté au découpage des bottes, il faut prendre le coup de main, ça n’a pas l’air simple, il faut joindre les bottes entre elles avec des broches en bambou ou en noisetier, on peut aussi coudre les bottes entre elles tout au long de la construction.

Quand les murs sont finis de monter, on met une bâche propre au sol et on les rase avec une débroussailleuse, on récupère la paille en vrac pour faire les enduits. Avant de passer l’enduit il faut être sûr qu’il n’y ait plus du tout de trou dans les murs, on peut boucher les petits trous et les gros trous avec de la paille-terre, il faut attendre que ce soit sec pour passer l’enduit, il ne faut pas mettre l’enduit d’accroche en profondeur, ça peut mal sécher et moisir.

Paille porteuse :
Il faut attendre que les bottes se tassent complètement pour mettre l’enduit , ça peut durer quelques semaines, il faut mesurer et observer toutes les semaines et attendre le moment où les bottes ne se tassent plus du tout. Le gros inconvénient c’est qu’on construit la paille porteuse sans abris, le toit se pose à la fin, par-dessus, il faut tout bâcher tous les soirs et débâcher tous les matins, ou louer un échafaudage avec tenture. Les murs ne peuvent pas dépasser 2,5 m de hauteur.
Pour construire un étage avec des murs porteurs c’est possible mais il faut beaucoup d’expérience.
Il faut aussi penser à mettre des gouttières pendant le chantier pour protéger les murs pas finis de la pluie. Dans la paille avec une ossature bois, la mezzanine est encastrée dans l’ossature.

Fondations :
Pas de béton et pas de chaux dans l’idéal, je ne suis pas encore découragée à ce sujet.

Ce que j’ai dans la tête : Dalle et chape en terre crue + isolation en liège et tommettes en terre cuite pour le revêtement, il y a possibilité de faire de la récup de terre cuite mais difficilement pour le liège. Pour la terre, tout va dépendre du climat, de la qualité du sol, de sa composition,… Le liège et les tomettes coûtent chers mais c’est important pour moi de mettre le prix là où il faut pour éviter certains problèmes d’humidité, c’est pour ça qu’il faut réduire au minimum la surface en m2 au sol et qu’un étage avec du plancher c’est bien.
La fondation hérisson avec des pneus pour coffrer les graviers (poteaux porteurs) me paraît correcte pour la petite maison que je veux faire.
Il faut une barrière étanche (brique monomur et semelle) entre la paille et les fondations, il faut placer les briques monomur (30 cm de hauteur) sur la dalle et placer la semelle avant de monter les murs en bottes de paille, l’enduit ne doit pas descendre jusqu’au sol.

Schéma de fondation :
Terre (creux de 50 cm de profondeur)
Cailloux (3 couches avec de l’enduit terre en lasagne)
Isolant (panneaux de liège expansé)
Dalle + chape (terre crue)
Briques monomur + semelle
Revêtement (tommettes en terre cuite)

Un tuyau d’aération avec une grille de protection dans le hérisson est installé au moment de la construction pour le drainage.
Il faut pouvoir calculer le poids de son toit, le poids des murs, je m’en sens incapable.
Il faut savoir que le triangle domine le carré en terme de contreventement, il vaut mieux mettre des tiges en diagonale à l’extérieur des bottes de paille que des tiges à la verticale ou à l’horizontale.

les câbles électriques se placent pendant la construction des murs. Pas la plomberie, si il y a une fuite ça peut créer des infiltrations dans la paille, la plomberie se place pendant les fondations.
Conseil : Prendre des photos des câbles et tuyaux pendant le chantier pour ne pas les oublier

Bois, ossature et toiture :
Le placement d’une sablière (pièce de bois qui supporte les chevrons) renforce le contreventement et la cohésion entre le toit et les murs, cependant cette connexion ne doit pas créer de ponts thermiques. Cette connexion permet de bien fixer le toit à la maisons, des toits qui s’envolent ça arrive !
On peut utiliser des sangles qui passent sous les fondations et sur la sablière, le toit et alors rattaché aux fondations. La sablière est tenue par l’ossature.
Avec une ossature bois, les bottes sont rattachées à l’ossature et la maison est plus solide, les 2 structures se renforcent mutuellement. Il y a mille façons de faire une ossature, l’ossature bois traditionnelle est facile à réaliser, les charpentiers et autres travailleurs du bois se régalent quand ils utilisent des techniques qu’ils connaissent bien. Il existe une technique mi ossature mi mur porteur, l’ossature bois compte sur la paille pour le contreventement et vis et versa (pas de montant en diagonal).

On peut peindre le bois à l’argile pour aider à garder le bois sec et protéger des insectes, barbotine à appliquer avant le remplissage avec les bottes.

Pour fixer aux murs des choses légères, on peut fixer des chevilles dans l’enduit et si on sait déjà où l’on va vouloir accrocher au moment de la construction, on double la couche d’enduit, l’enduit doit être de bonne qualité. On peut accrocher aux poutres et aux montants de l’ossature, il faut créer des repères car on ne devinera plus l’ossature une fois les 3 couches d’enduit passées, on peut aussi laisser un côté avec les montants apparents. Ne pas oublier de faire des niches, j’aimerais faire une bibliothèque dans les murs. Je pourrais aussi accrocher à la cloison et suspendre à la mezzanine. Il faut penser à fixer les tringles des rideaux pendant le chantier par exemple. On oublie pour suspendre ou accrocher des choses lourdes, on fait autrement…

Menuiserie :
Les ouvertures créent les pires ponts thermiques de la maison, c’est la plus grande perdition en terme d’isolation et d’inertie pour la maison. Il existe différentes techniques à prendre en compte pour réduire les perditions : On peut mettre du grillage ou des nattes de roseau autour des ouvertures pour une meilleure cohésion entre les cardes et l’enduit. Le bois de châtaigne est idéal pour les cadres, il vaut mieux aller chez un artisanat qu’à Leroy Merlin, pour un peu plus cher mais pour pleins d’autres bonnes raisons écologiques. On peut placer les cadres des portes et fenêtres à l’extérieur des murs de manière à ce que l’enduit les protège de la pluie. Un silicone écologique peut-être appliqué sur la fente entre l’enduit et le cadre. Les appuis extérieurs des fenêtres doivent être plus larges que la fenêtre pour une meilleure protection contre les infiltrations d’eau.
Pendant la construction les ouvertures doivent être contre-ventées avec un montant diagonale provisoire pour qu’elles ne bougent pas pendant la construction des murs.

Les baies vitrées : la dimension entre les 2 vitrages du double vitrage est importante, la lame d’air (12 mm), plus elle est grande plus elle isole, plus c’est cher. L’épaisseur des vitrages est aussi importante, plus elle est large plus elle isole thermiquement et acoustiquement (de 4 à 8 mm). Les menuiseries en bois ce n’est pas ce qu’il y a de mieux contre les déperditions thermiques mais c’est de loin le plus écolo à fabriquer. Il faut entretenir le bois tous les 5 ans.
Les volets jouent un rôle important contre les déperditions thermiques, à condition qu’ils soient bien posés et de bonne qualité. Un gros rideau en fibres végétales ou en laine à l’intérieur est aussi nécessaire l’hiver.
Le double vitrage c’est ce qu’il y a de mieux en terme d’isolation thermique, le triple vitrage est beaucoup plus cher pour pas beaucoup plus de résultat que le double en terme d’isolation thermique, par contre, il est recommandé pour une bonne isolation acoustique.
On peut créer son double vitrage si on veut éviter les usines au maximum…

Précautions et sécurité sur le chantier :
Faire attention de ne rien laisser dans la paille pendant le chantier, outils, téléphone….
Ne pas fumer sur le chantier en construction, la paille en vrac peut démarrer un feu et brûler la charpente. Prévoir un extincteur et ramasser la paille en vrac à la fin de chaque journée, une fois la construction finie, il n’y a plus aucun risque d’incendie.

Les rongeurs, le feu, l’eau :
Si on est sûr qu’il n’y a pas de rongeurs dans les bottes de paille, une fois bien posées les unes contre les autres, sans espace et avec l’enduit, aucun rongeur ne pourra rentrer, souvent, les rongeurs sont déjà dans les bottes quand elles arrivent. Les bottes demandent trop de travail aux rongeurs pour qu’ils creusent des galeries. L’enduit sur les bottes de paille qui isole et aussi une protection contre le feu et les rongeurs. On peut aussi mettre un grillage, pour repousser les rongeurs, qui permet aussi de ventiler.
Si l’on veut mettre un bardage en bois il faut le mettre après l’enduit, l’enduit ventile, protège du feu, isole et protège des rongeurs.
Il faut surveiller que la maison soit toujours sèche, c’est bien contre les termites aussi, il faut avoir un calculateur d’humidité. Il faut faire très attention aux zones inondables, la paille est fortement déconseillée. Il faut faire attention aux défauts des enduits, aux jointures entre 2 matériaux (enduit et bois par exemple), ce sont des zones de faiblesse et il faut faire attention lors de la mise en place des canalisations.
Pour éviter les infiltrations, il faut mettre des gouttières et allonger le toit qui doit dépasser des murs de 50 cm. Il faut placer les fenêtres à l’extérieur du mur et ne pas mettre des barres horizontales au bord des fenêtres à l’extérieur mais des barres inclinées qui font glisser la pluie au sol, jusqu’en dehors de la surface d’enduit. L’apparition des fissures est très mauvaise, les fissures favorisent les entrées et sorties d’air et d’eau. On peut aussi sculpter une casquette à l’enduit au-dessus des portes et ouvertures pour profiter au maximum de la chaleur et de la lumière du soleil l’hiver sans être étouffé l’été.

Il faut regarder comment sont faites les maisons et les toitures autour du terrain et se demander pourquoi ?

L’enduit terre-paille :
Il n’y a pas de temps de cuisson pour les enduits en terre contrairement à la chaux ou au ciment, aucune énergie grise n’est utilisées, pas d’usine, c’est 100 % dégradable et même le transport peut être éviter si l’on trouve la bonne terre et le sable sur place.
L’enduit terre ne peut pas se faire avec la première couche végétale du sol, elle est trop riche, trop organique, lire « traité de construction en terre » de Hugo Houben. Il faut creuser 30 cm sur le terrain que l’on visite pour voir ce que l’on y trouve. Si la terre n’est pas bonne elle peut l’être à quelques mètres plus loin, si l’eau stagne, c’est bon signe, ça veut dire que la terre est argileuse.
La terre est faite d’argile, de silt et de sable, mais aussi de gravier et de cailloux que l’on retire. le mélange pour les enduits doit être correctement répartit sinon il faut réajuster. L’argile est indispensable, c’est le liant, il remplace le ciment. Si la terre est trop chargée en argile, l’enduit va craquer, et si il n’y a pas assez d’argile, les grains de sables vont s’effriter. Si la terre n’est pas assez argileuse on peut rajouter de l’argile en poudre, si elle n’est pas assez sableuse on rajoute du sable, plutôt que d’acheter, on peut troquer de la terre contre du sable dans une autre région qui aurait besoin de votre terre, ça demande du temps. On peut aussi fabriquer de l’enduit en mélangeant de l’argile et du sable que l’on a acheté, si on n’a pas de terre, si on n’a pas de temps…

Pour savoir si la terre est bonne pour faire un enduit c’est l’expérience qui le dira, il faut tester et comparer différentes terres et faire plusieurs mélanges. Il faut tout noter ce que l’on teste, ce que l’on mélange, les expériences que l’on fait… Il faut déterminer au toucher et par différentes techniques si la terre peu être un bon enduit ou non. Il faut bien connaître la sensation de l’argile pure et du sable pur au toucher pour pouvoir, après, déterminer sa propre terre. Si on arrive à faire un boudin, comme avec de la pâte à modeler, de 15/20 cm, c’est bon signe. Si on compresse la terre dans sa main et qu’elle garde la forme du poing serré, c’est qu’elle est argileuse. Si on met un peu d’eau sur la terre et que l’eau est tout de suite absorbée, c’est qu’elle est trop sableuse. Si la terre est sèche et argileuse elle fait des paquets, il faut casser ces paquets et retrouver un aspect poudreux en arrosant la terre. Il faut toujours arroser la terre avant et après l’emploi pour que l’argile se dissous plus facilement. Il faut bâcher la terre si on ne l’utilise pas. Il faut mettre la terre dans l’eau pour faire l’enduit et non l’eau dans la terre, mélanger un peu et ajouter sable ou paille, suivant l’enduit que l’on veut obtenir. A la fin, on ajoute l’eau petit à petit avec des seaux pour obtenir la matière que l’on souhaite avoir suivant la couche et le projet.

Pour fabriquer les plans de travail de la cuisine, on peut rajouter des bottes de paille qui sortent des murs, on les enduit tout comme les murs et on pose une planche de bois par dessus.

L’enduit a une très mauvaise accroche sur le bois, si il y a trop de bois à recouvrir on fait un bardage, il vaut mieux faire un bardage en bois, plutôt que mettre un enduit, sur les murs extérieurs face nord.

L’enduit et les bottes de paille se complètent, et deviennent indissociables, un peu comme les militants pacifistes et les casseurs en manif, l’enduit doit être bien accroché aux bottes.

1ère Couche d’accroche : Argile, terre argileuse tamisée, eau
2ème Couche de corps : Terre pure et paille
3ème Couche de finition : Sable, argile, eau

Les doses de mélange ne peuvent pas être précises pour fabriquer les enduits, ça dépend de la composition de la terre, il ne peut pas y avoir de recette.

Pour la couche d’accroche, l’enduit doit être presque liquide et collant, il faut le projeter à la main sur les murs de paille, il doit bien adhérer. Il ne faut pas que la couche d’accroche soit sèche quand on met la couche corps, on met 2 couches d’accroche de 2.5 cm, il ne faut pas que la première soit sèche pour passer la 2ème, pour créer une meilleure adhésion entre les couches. La couche d’accroche s’applique à la main, la forme va être la forme initiale, c’est très important de bien finir les murs de paille avant de commencer l’enduit. Il faut commencer par le bas et aller vers le haut du mur. Il faut appliquer l’enduit avec la paume et pousser l’enduit vers la paille pour une bonne accroche, tout le corps doit travailler. Pas besoin de lisser la première couche d’accroche, on lisse grossièrement la 2ème couche en dessinant des ronds d’accroche. Si elle est trop lisse, la couche de corps n’accrochera pas assez. En caressant le mur avec la main, on sent les défauts, les bosses, les irrégularités, si on n’a pas bien passé le persuadeur (outil régulateur), si on veut un mur droit il va falloir beaucoup d’enduit et une grande règle et un niveau pour voir plus facilement les défauts.

On peut aller voir des potiers pour avoir de bons filons pour acheter de l’argile en poudre en grosse quantité. Les potiers peuvent aussi connaître des carrières argileuses. Il ne faut pas hésiter, quand on voit des travaux, à demander si on peut utiliser la terre, généralement ils ne savent pas quoi en faire. On peut aussi contacter directement les services techniques des travaux publics.

Couche de corps, il faut faire des tests mais 50 % de paille et 50% de terre c’est bien (tout dépend de la terre). La paille utilisée dans la couche corps doit être bien sèche et d’une longueur de 5 à 10 cm. La paille permet d’épaissir l’enduit et d’éviter les fissures mais il y en a forcément et c’est normal. L’enduit doit pouvoir sécher rapidement en été, en automne ou hiver c’est trop long. On peut utiliser du Borax, produit naturel contre les moisissures et le manque de séchage mais aussi sur le bois, à l’intérieur, contre les termites. Si la couche de corps est épaisse, elle va prendre du temps à sécher, si ce n’est pas l’été, elle peut moisir. La couche corps doit être complètement sèche pour appliquer la couche finition pour éviter les fissures, le temps de séchage de l’enduit corps dépend de pleins de facteurs, l’épaisseur, la température, le climat, l’humidité de la terre à la base,…

Pour la couche de corps, il faut une grande quantité de terre, la terre c’est lourd, le sable aussi, donc si on peut la prendre pas loin c’est bien, il faut voir pour louer une remorque. Le sable c’est cher aussi et c’est un peu con de l’acheter alors qu’il peut se récupérer assez facilement.
Il faut bien malaxer le mélange terre/paille, avec les mains ou les pieds, éviter de malaxer la terre pieds nus, on ne sait pas ce qu’il peut y avoir dans la terre, il peut aussi y avoir de gros cailloux qui font bien mal. Les graviers ne sont pas gênants dans la couche de corps mais il faut bien les enlever pour la couche d’accroche et la couche de finition en tamisant la terre. Pour mélanger la couche de corps, on peut acheter, ou louer, un malaxeur cylindrique mais ça coûte cher et il faut de l’électricité mais ça va super bien surtout pour intégrer les fibres de paille.

Encore une fois, il faut lisser grossièrement la couche corps avant de la faire sécher, elle ne se verra pas à la finition et elle ne doit pas être complètement lisse pour une meilleure adhésion de la couche finition.

Couche de finition, elle sert à recouvrir toutes les fissures, on peut aussi faire un enduit de finition avec que du sable et de la colle à farine, sans eau, la farine de colle se fabrique naturellement. Il ne faut pas en mettre une grosse quantité pour ne pas attirer les insectes et ne pas faire d’auréoles. La colle de farine renforce l’imperméabilité extérieure des enduits qui ont trop de silt et pas assez d’argile. On peut badigeonner la couche de finition extérieure avec de la farine de colle pour renforcer contre les infiltrations. On peut peindre l’enduit à l’intérieur avec de la peinture à l’argile ou de la colle de farine pigmentée avec une couleur…
Si il n’y a pas assez d’argile, on peut rajouter de l’huile de lin dans la couche de finition (pas dans les 2 autres) pour renforcer l’aspect collant et protéger de la pluie, une cuillère à soupe pour 5L d’enduit suffit. Il ne faut surtout pas mettre trop d’huile de lin. Chaque fois que l’on veut appliquer un nouvel enduit, il faut humidifier le mur avec un brumisateur la veille au soir, 10 min avant l’application du prochain enduit, et une 2ème fois juste avant l’application du prochain enduit.
La couche de finition est la plus rapide à appliquer à la main et la plus fine, elle doit faire 2,5 mm. Elle s’applique du bas vers le haut en faisant des cercles avec la paume, on ne lisse pas forcément le surplus de sable qui va tomber naturellement, on peut l’aider à tomber avec une balayette sans appuyer. La couche doit avoir la même épaisseur partout pour éviter les fissures. On peut aussi utiliser une taloche pour appliquer la couche de finition, mais c’est tout une technique.
Il est conseillé de garder les restes d’enduit pendant un mois au cas où l’on voit des défauts après coup. Pour la conservation, Il faut faire sécher l’enduit sur une bâche et l’enfermer dans un sac ou un seau.

Énergie et utilisation, consommation et économie :
La répartition de la chaleur :
La conduction : Échange de calories entre 2 corps en contact direct.
La convection : Échange de calories avec un fluide intermédiaire, l’eau.
Le rayonnement : C’est le soleil qui chauffe la terre, cette énergie se propage en ligne droite dans l’espace jusqu’à ce quelle soit absorbée par un solide.

La conservation de la chaleur :
L’inertie c’est la capacité à conserver l’air et à la repartir, chaude si il fait chaud et froide si il fait froid. La paille n’a pas d’inertie, c’est un isolant, c’est l’enduit terre qui produit l’inertie. L’enduit terre fait passer l’humidité de l’intérieur vers l’extérieur, c’est l’enduit intérieur qui va avoir l’inertie nécessaire à la maison. L’isolant c’est la matière qui ralentie le transfert d’énergie, l’air est le meilleur isolant qui puisse exister quand il est immobilisé, la botte de paille est légère et immobilise l’air. Plus il y a d’inertie plus la maison va mettre du temps à se chauffer, mais elle restera chaude longtemps. Il faut faire attention à ne pas mettre de vide ou de poche d’air entre les bottes, si l’air n’est pas immobilisé correctement, elle crée un pont thermique. Le bois a aussi une bonne inertie, il vaut mieux construire les meubles et les cloisons en terre ou en bois plutôt qu’en paille.
Le froid n’existe pas, c’est l’air qui perd de la chaleur, ce n’est pas le froid qui rentre mais la chaleur qui sort. Les calories atteignent les murs pas isolés par convection et rayonnement et passent au travers par conduction, elles s’échappent du mur de la même manière et le mur n’a pas été chauffé. L’isolant emprisonne l’air qui est en mouvement avec elle-même par conduction. L’énergie calorifique ne disparaît jamais, elle se transforme. La chaleur ne pense qu’a s’échapper, c’est pour ça que l’on isole.
Il doit y avoir le moins possible de différence de température entre la chaleur ambiante et la parois des murs (3°C max). Le thermomètre ne peut pas donner la température exact de l’air de la maison, il faut prendre en compte la température du thermomètre (20°C par exemple) et faire une moyenne avec la température des parois (16°C par exemple) : (20+16)/2 = 18°C, pour avoir une température plus précise. L’humidité est aussi très importante à mesurer, elle peut varier de 40% sans avoir d’impact sur le confort de la maison.
Les premiers centimètres d’isolation sont les plus efficaces, au-delà de 8 cm l’isolation n’a plus beaucoup d’impact sur la perte de température.

La ventilation de la maison :
La ventilation est obligatoire dans une habitation, il y a des réglementations, elle est aussi nécessaire pour que la maison reste saine. Les VMC à simple ou douche flux demandent de l’électricité et la chaleur perd en calorie, ça tombe en panne et ça coûte cher, on peut utiliser d’autres systèmes de ventilation ou ne pas en avoir du tout, ce qui importe la loi c’est le taux d’humidité de la maison et la capacité qu’elle a à la rejeter.
Le puis canadien est une semi alternatif, rien ne veut une bonne aération. L’humidité doit être prise en compte lors de la construction de la maison car elle peut pourrir tout le projet, les murs doivent pouvoir laisser passer la vapeur d’eau pour qu’il n’y ait pas de condensation.
Il y a des réglementations thermiques à suivre et il faut réussir à savoir si ces réglementations sont appliquées ou non dans sa propre maison, il n’y a pas forcément de calcul savant à faire pour une petite maison comme la mienne, rien que la pose des briques monomurs valident pas mal de choses car elle assure une résistance thermique et une rupture des ponts thermiques. Dans les maisons comme celle que je veux construire, il n’y a jamais de taux d’humidité élevé, la paille, les monomurs et la terre permettent de se passer du VMC sans être dans l’illégalité.

L’isolation du sol et du toit :
Concernant le toit on isole les combes perdues ou les rampants, on utilise pas forcément les mêmes techniques ni les mêmes quantités d’isolant. On peut isoler les rampants par dessus ou par dessous la couverture, l’isolation par dessus se fait à l’extérieur, sur le toit, et consiste à remplir des caissons entre les chevrons avant la pose de la couverture. Les chevrons sont les bois de charpente qui vont supporter la couverture. L’isolation par dessous se fait à l’intérieur de la maison, les bras en l’air, il faut positionner l’isolant puis le plafond, c’est bien pour les chantiers de rénovation.
Les panneaux de fibre de bois coûtent chers, ils sont fabriqués dans quelques usines à partir du défibrage des chutes de bois et de la récupération de résine, un liant est ajouté pour faire les panneaux.

La laine de cellulose ou la ouate de cellulose (recyclage de papier) qui existe en quantité infinie, sont obligatoirement projetées à l’aide d’une machine qui se loue facilement et qui est relativement simple d’usage. La laine ou la ouate de cellulose existent aussi sous forme de panneaux. La ouate de cellulose est comprimée et agglomérée par la paille sans aucun liant, elle est très utilisée dans la construction écologique.
Le liège expansé, il est fabriqué à 300°c, il provient du chêne et se récolte que tous les 9 ans, les exploitations sont principalement dans les régions méditerranéennes, qui doivent être réduites pour réduire les incendies en forêt. Le liège coûte cher mais est un des meilleurs isolant écologique, il peut être en granulés ou en panneaux. Le liant n’est pas recyclable, il vaut mieux utiliser du liège expansé pur.
La laine de chanvre (en vrac manuelle) ou chènevotte ( partie fibreuse de la plante) s’utilise en vrac, elle n’est pas chère, ça sent la weed dans la maison, elle n’est pas transformée, elle est complètement dégradable. Le chanvre en vrac est placé, à la main, entre le toit et le plafond (30 cm) au fur et à mesure de la construction. L’ ensileuse est un outil que l’on peut utiliser qui va transformer le chanvre en laine de chanvre, c’est moins bien que la récupération de la fibre mais ça passe. Je pourrais faire pousser du chanvre sur mon terrain vide pour l’isolation du toit et du sol ! Le chanvre est une sorte de cannabis sans THC que l’on a le droit d’utiliser mais il faut faire un gros dossier qui passe au ministère de l’intérieur et à la gendarmerie du coin et tous les voisins se posent des questions…
Il existe aussi, la laine de lin qui coûte chère ou les roseaux, compliqués à trouver parce qu’ils sont protégés.
La laine de mouton ne demande pas d’être traitée, elle peut-être utilisée t’elle qu’elle ou en panneaux mais en passant par une usine. La laine de mouton non traitée et naturellement insectisante, les montons n’ont pas de mites ou autres insectes sur eux car ils dégagent une sueur particulière qui les repoussent naturellement mais qui sent mauvais, donc si on ne lave pas la laine on a pas besoin de la traiter, on la lave juste à cause de l’odeur, donc on la traite… La laine de mouton ni lavée ni traitée et un très bon isolant pour le toit et elle est légère donc facile à installer, elle n’est pas chère mais elle ne sent pas bon…

Contre l’humidité il n’y a pas mieux que le liège en terme d’isolant végétal. Le hérisson en fondation permet de drainer donc protège de l’humidité et les murs doivent être des parois respirantes. Ce qui amène le plus d’humidité dans une maison est la vapeur d’eau et la condensation créée par le chauffage intérieur face au froid extérieur, donc particulièrement dans la salle de bain et la cuisine.
La toiture est la plus grande perdition thermique de la maison. Il existe plusieurs variantes et le choix de la toiture doit bien-être étudié. J’aimerais faire au plus simple, toit et charpente traditionnelle avec une isolation dans les rampants par dessus.

Pour faire un toit végétal, j’aimerais tenter l’expérience pour le toit du hangar, il vaut mieux ne pas habiter dessous pour une première expérience. Normalement ça se fait sur une dalle (béton ou chaux) avec des panneaux isolants et étanchent et des billes d’argiles dépensées, il faut rajouter une bâche plastique pour l’étanchéité, l’installation n’est pas très naturelle contrairement au résultat. Normalement ont met des panneaux de verre cellulaire, à voir si on peut utiliser des panneaux de laine de bois ou de fibre de bois. Il faut le faire impérativement avec quelqu’un qu’il l’a déjà fait, c’est relativement technique.

Autres remarques et conclusion :
Il faut entretenir la maison régulièrement, aérer les isolants en vrac, refaire des enduits, entretenir le bois, le poêle, le toit,… Il faut penser à nettoyer les gouttières elles peuvent se boucher. les trous faits par d’éventuels insectes doivent être rebouchés, les fissures aussi.

Il faut fabriquer la maison avec du bois de qualité.

Autrefois les joints étaient en mastication à l’huile de lin, beaucoup moins polluants que le silicone que l’on utilise aujourd’hui.

Les normes DTU doivent être appliquées car la réglementation demande à ce que la maison soit protégée des incendies. Il faut prévoir de protéger le poêle, le conduit et les batteries. C’est le permis de construire qui valide tout ça, pour les maisons individuelles isolées des autres habitations ils ne sont pas trop chiants, il faut qu’une assurance valide le projet via le permis de construire.

Il y a construction écologique et construction écologique ; Si l’on pense uniquement aux économies que l’on veut faire ou si l’on pense qu’il faut arrêter d’utiliser les ressources de la planète sans réfléchir, une maison peut être autonome mais en plastique, elle peut être en terre du jardin mais branchée sur EDF,…
J’aimerais approfondir mes recherches concernant les matières végétales, leur mode de culture, l’impact sur les paysans, sur les régions, les modes de fabrication, ce que coûte concrètement un passage à l’usine et le CO2, le gaz à effet de serre, les transports…
Il est toujours très compliqué d’établir un écobilan, on n’a pas tous les éléments. Si le bilan écologique était obligatoire pour chaque constructeur avec une jauge non admise, ça serait bien je pense.

Avec le temps et la crise sanitaire, il faut savoir que les matériaux de construction manquent et les prix augmentent…

Alors que je n’étais pas du tout partante pour les panneaux solaires et les batteries, ni pour utiliser la chaux pour enduit ou dalle, j’ai craqué pour les batteries mais je reste sur mes positions face à la chaux. Les batteries pour l’installation des panneaux solaires sont beaucoup plus indispensables que la chaux pour les enduits et la dalle. La chaux utilise beaucoup d’énergie et n’est pas 100 % naturelle et elle est remplaçable.

Construire une maison c’est se demander combien de temps elle va durer et qu’est ce qu’elle va devenir sans moi ? J’ai envi que la maison puisse s’autodétruire et réintégrer la nature, comme si je n’avais jamais été là, je ne veux pas laisser de trace, sauf qu’il y aura les batteries, et autres tuyaux, câbles, vices qui ne se désintégreront pas… Je n’ai pas d’enfant et la maison ne sera pas habitable plus de 20 ans je pense, sans rénovation. Il faudrait pouvoir démonter facilement la maison, trier ce que l’on peut recycler et brûler ce qui peut être brûler comme la paille ou le bois qui n’est pas traité.

Je vais vraiment faire au plus simple pour pleins de bonnes raisons. J’oublie la paille porteuse qui est plutôt réservée aux expérimentés…

Adresses utiles :
ECOMAISON dans l’Aude à Limoux
DOMUS CONSTRUCTION VIVANTE
à Varilhes
MONOMUR IMERYS STRUCTURE
à Colomier

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